Trop de fonctionnaires, vous êtes sûrs? Analyse de l'effondrement de la Justice

Alors que la presse générale n'a de cesse de concentrer ses analyses sur la question du nombre trop important de fonctionnaires ou l'efficacité du service public, à la faveur des échéances électorales, Christelle Mazza décrit, sans filtre, les conséquences très directes de la réduction des effectifs et de la rationalisation statistique du temps sur le fonctionnement de la Justice.

 

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La gestion budgétaire et bureaucratique de l'humain contribue directement à la hausse spectaculaire de la violence et de la criminalité organisée, y compris d'une fragilisation de notre État de droit. Détournées par des mouvances populistes et des politiques peu scrupuleux s'estimant au-dessus des lois, sous couvert d'une protection qui trouverait sa source dans le seul mandat électoral leur garantissant de n'avoir aucun compte à rendre, ces questions d'ordre public échappent à la vigilance citoyenne en étant totalement invisibilisées. Une justice indépendante est un impératif démocratique. Et pourtant, la Justice est malade. A travers l'analyse de rapports budgétaires officiels et de statistiques élaborées par le Ministère de la justice et le Conseil d’État, Christelle Mazza met au jour les dangers de l'atteinte grave au fonctionnement de la justice et à la sécurité et la santé des personnels de justice. Soumis à la fois à un fort de voir de réserve et à une vindicte populiste, ils sont tributaires, en silence, de graves dysfonctionnements internes et doivent, comme à l'hôpital, procéder au tri des dossiers, des infractions, en allégeance aux politiques pénales dictées souvent par le fait divers ou l'opportunisme politique, ce qui porte une atteinte grave au maintien de la stabilité de notre société, à l'indépendance, à la protection contre toute forme d'arbitraire et aux droits de la défense. Le Conseil d’État voit désormais le respect des droits fondamentaux comme un danger pour l'intérêt général qui est devenu, progressivement, une économie de guerre. Pendant ce temps, la criminalité organisée s'infiltre dans les couloirs du pouvoir, de la police et de la justice. La démocratie c'est tous les jours. Aucune société ne peut fonctionner sans une justice forte et indépendante. Protégeons-la. A retrouver dans l'ouvrage "Souffrance au travail dans le service public - Sortir du silence - Entrer en résistance", aux éditions du puits fleuri - Janvier 2026 https://outrenoir-avocats.com/produit...

Par Roland Gori, à lire dans Libération