Soutien à A.L.P.A.C.E. - Pétition

Un collectif de professionnels du CHU de Saint-Étienne et de partenaires soignants, éducateurs et enseignants a lancé et mis en ligne une pétition pour dénoncer l'interdiction par leur Direction de la tenue dans l’enceinte du CHU de l'ensemble des cycles de conférences organisés par notre association ALPACE (Association lyonnaise pour une psychanalyse à partir de la clinique de l’enfant).

Si vous êtes d’accord avec son contenu et souhaitez soutenir cette démarche, n’hésitez pas à signer et à diffuser largement cette pétition :

https://secure.avaaz.org/community_petitions/fr/les_professionnels_du_chu_et_leurs_partenaires_soi_soutien_a_alpace/

 

Rappel des faits et du contexte :

 

Notre association organise depuis 2025 un cycle de conférences à Saint-Étienne. Il s’agit de rendez-vous que nous donnons à notre public et qui sont ouverts à tous les praticiens. Les conférences avaient lieu dans les locaux du CHU de Saint-Étienne, qui nous louait un amphi. Parmi les participants, tout comme les intervenants, nombreux sont des professionnels du CHU.

Le principe de ces conférences respecte l’état d’esprit de notre association, qui s’oppose à toute approche dogmatique et idéologique, et qui prône l’ouverture inter ou transdisciplinaire. Les conférences consistent, chaque fois, en un débat entre un intervenant et un discutant d’une autre discipline ou d’une autre pratique professionnelle.

Après l’annonce de la dernière conférence, intitulée « Approches cliniques psychanalytiques des autismes : controverses et enjeux », et qui proposait un dialogue entre psychanalyse et neuropsychologie par des chercheurs et praticiens ouverts à l’altérité, la Direction du CHU a interdit cette conférence, ainsi que tout le cycle qui avait été programmé en 2026, sur des thématiques tout à fait autre.

La raison donnée est farfelue : l’association n’aurait pas demandé les autorisations ni respecté le protocole. Ce qui est un mensonge total. Après avoir rétabli la vérité et fourni les conventions signées par la Direction elle-même, nous avons demandé la véritable raison de cette violation de la convention. Aucune réponse n’a été obtenue.

Bien évidemment, il s’agit là d’une censure autoritaire qui répond à la thématique de la dernière conférence.

Cette interdiction est un acte politique et idéologique empêchant non seulement la pensée psychanalytique, mais la pensée tout court, le débat, le dialogue, la pluralité des approches, autrement dit le fonctionnement démocratique. Et tout cela dans un centre hospitalier universitaire, censé garantir la liberté académique.

Notons aussi que pour la première fois depuis que nous organisons des colloques (depuis 2016), le CHU a refusé quasiment toute inscription à notre dernier colloque (2026) de membres de son personnel, en formation continue (à deux exceptions près).

Nous entrons dans une ère sombre.

Après les dernières recommandations de la HAS concernant les TSA (sac nosographique dans lequel on trouve un nombre considérable de situations disparates qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’autisme réel), recommandations qui mettent au ban toute référence à la psychanalyse, après les propos haineux du délégué interministériel aux TND et sa promesse de chasse aux sorcières, on assiste logiquement à des interdictions totalement décomplexées des espaces de pensée, de dialogue, de travail.

Nous n’allons pas nous laisser faire, nous allons bien sûr réagir.

Ces détracteurs savent-ils que seuls les régimes totalitaires ont interdit la psychanalyse ?

Nous devons tous nous préparer à la résistance, à la défense d’un soin humaniste et démocratique. Les approches humanistes sont nécessairement démocratiques, et la défense d’une pluralité des pratiques est une exigence de démocratie.

 

Pour soutenir le collectif de professionnels du CHU et de partenaires – ainsi que l’association ALPACE –, vous pouvez signer et diffuser leur pétition :

https://secure.avaaz.org/community_petitions/fr/les_professionnels_du_chu_et_leurs_partenaires_soi_soutien_a_alpace/

Par Roland Gori, à lire dans Libération