Accompagnement social et logique marchande

Roland Gori et Michel Chauvière participeront au colloque du MAIS le 17 juin prochain à Beaune.
Vous trouverez le programme complet de cette rencontre en téléchargement à cette adresse : http://www.mais.asso.fr/pdf/MAIS_JNF_Beaune_2010.pdf

24èmes Journées Nationales de Formation
ACCOMPAGNEMENT SOCIAL
ET LOGIQUE MARCHANDE:
LE SUJET N'EST PAS À VENDRE
15 16 17JUIN 2010
BOURGOGNE
FRANCHE- COMTE
PALAIS DES CONGRES
19 avenue Charles de Gaulle
21200 BEAUNE



L'idéologie de « l'Homme Economique » avec les objectifs mercantiles
qu'elle promeut, ébranle les fondements du Travail Social et singulièrement la
finalité de l'Accompagnement Social. La marchandisation, l'expertise, la
survalorisation de l'obligation de résultat à court terme, la pression économique
affectent tous les domaines de l'action sociale et éducative.
Certes, notre secteur reconnaît la légitimité de l'exigence gestionnaire
nécessitant un cadre financier rigoureux, comme une des conditions majeures de
l'efficacité institutionnelle. Mais les valeurs de Solidarité et de Lien Social sont
mises à mal par un modèle libéral destructeur pour les plus faibles et les plus
démunis, modèle qui concilie trop rarement exigence économique et impératif
éthique.
Jusqu'où pouvons-nous aller ? Comment les travailleurs sociaux peuvent-ils
se subordonner à ces orientations à dominante comptable sans risquer de
renoncer aux valeurs qui fondent leur identité ?
Accompagner nécessite un échange singulier et global à la fois, un et
multiple, où la part de l'histoire de chacun ouvre sur l'aventure incertaine et
difficile de nos libertés.
Compagnons de ces voyages souvent chaotiques et fragiles, nous devons à
nouveau questionner nos représentations des personnes accompagnées : la mise
en danger du sujet en tant qu'être de désir et de changement implique la
responsabilité de tous. Sans reconnaître que la liberté de l'autre commence en
même temps que la mienne, dans un mouvement de nécessaire réciprocité, nous
ne résisterons pas longtemps à ces logiques de guichet, réduisant un individu à sa
seule capacité consommatrice. Il y va de la survie du Travail Social et de
l'Accompagnement tels que le M.A.I.S. les définit et les soutient.
Ces journées 2010, à Beaune, marqueront notre refus de l'écrasement du
sujet au profit de la seule valeur marchande qui le conduit et le cantonne à une
dimension résiduelle.
Nos travaux questionneront les lignes de force constitutives de
l'Accompagnement au regard de la logique marchande qui menace les valeurs du
Travail Social ; ils élucideront les composantes qui traversent aujourd'hui les
dispositifs juridiques, législatifs et réglementaires pour en exhumer les données
positives et les dérives à combattre ; ils engageront réflexions et débats pour
traduire ces prises de conscience dans les pratiques institutionnelles et
individuelles qui aspirent à être revitalisées.