Les psychologues de l'Education nationale: les grands oubliés du projet d'avis du CESE 1 sur la pédopsychiatrie en France

Si le document établi par J-R Buisson sur l'état de la pédopsychiatrie
en France pointe toutes les insuffisances en matière de prévention et de
soins pour les enfants et adolescents, il occulte tout le travail qui
est fait, au sein des établissements scolaires, par les psychologues de
l'Education nationale du 1er et du second degré. Les seuls
interlocuteurs des enseignants ne sont pas les médecins ou les
infirmiers scolaires : au quotidien les équipes enseignantes se tournent
vers les psychologues dits « scolaires » quand le développement d'un
enfant inquiète et nécessite des interventions auprès de lui et de ses
parents pour un accompagnement, un bilan psychologique ou une orientation.

Dans le second degré, les conseillers d'orientation-psychologues
interviennent dès le début du collège pour favoriser l'adaptation et
l'intégration des enfants et des adolescents particulièrement ceux qui
ont des besoins éducatifs particuliers. Ils assurent des bilans
psychologiques, le suivi des élèves décrocheurs et accompagnent les
adolescents dans leur développement personnel et leur parcours scolaire.

L'école ne peut être réduite à un lieu de « repérage, dépistage,
détection » des « troubles » des enfants et des adolescents. Par ses
psychologues qui sont souvent les premiers psychologues de proximité que
rencontrent les familles, elle offre un lieu d'écoute et assure souvent
un relai vers les structures spécialisées de soin et/ou vers les MDPH2.
« Rendre l'école moins frileuse et consacrer des moyens à la
prévention », passe d'abord par la reconnaissance et le renforcement
d'un travail en équipe pluri-professionnelle au sein des établissements
scolaires (enseignants, psychologues du premier ou du second degré,
enseignants spécialisés, médecins, infirmiers, assistants sociaux,
CPE,...).

Il y a tout lieu de craindre que la politique de réduction drastique des
moyens dans l'Education nationale concoure à l'objectif inverse de celui
qui est préconisé dans le projet d'avis: améliorer la prise en charge
des enfants et adolescents en souffrance psychique et leur intégration
scolaire.

Le document insiste sur la nécessité d'accorder aux psychologues un
« véritable statut pour l'exercice libéral » et propose la création d'un
« réseau de psychologues référents et d'associations spécialisées
auxquels les enseignants pourraient s'adresser en cas de difficulté ».
Mais c'est bien au sein de l'institution où les problèmes se révèlent
que les enseignants et les familles doivent pouvoir trouver des
ressources dans un premier temps. Il s'agit bien là d'une mission de
service public s'adressant à tous les « usagers » de l'école sans
inégalités territoriales.

Les psychologues de l'Education nationale (3600 dans le 1er degré, 4300
dans le second degré) font ce travail d'écoute et d'accompagnement
psychologiques au quotidien. Ils s'interrogent sur le devenir de la
profession face à la chute du nombre de postes dans l'Education nationale.

Quand le ministère prendra-t-il en compte la demande de reconnaissance
de la place, du statut et des missions des psychologues scolaires et des
conseillers d'orientation-psychologues ? Il y a urgence.


Paris, le 2 avril 2010


*ACOP-F : *Association des conseillers d'orientation-psychologues de France

*AFPEN* : Association française des psychologues de l'Education nationale

*SFP* : Société française de psychologie

*SNES-FSU* (collectif national des conseillers d'orientation-psychologues)

*SNP* : Syndicat national des psychologues

*SnpsyEN-UNSA* : Syndicat national des psychologues de l'Education
nationale de l'UNSA

*SNUipp-FSU* (collectif national des psychologues)