Le cadrage de la masterisation : quand Ubu rencontre Kafka - par Alexis Grélois pour SLU

Texte en intégralité ici: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3239

Extraits:




"Le Snesup a publié le 8 décembre 2009 un projet de circulaire ministérielle « pour la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement » (sic, circulaire en document joint)) remis le même jour par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche aux organisations syndicales.

Les précédents textes ministériels relatifs à la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants étaient déjà inacceptables et inapplicables. Force est de reconnaître que le dernier dépasse les bornes de tout ce que nous avions déjà lu."


"Ceci n'est pas un master

Des diplômes fourre-tout

La lecture du document frappe par l'accumulation des tâches que devront remplir les étudiants. À l'exception de la présidence de l'EPAD, presque toutes les tâches possibles les attendent."


"Ce fourre-tout débouche sur un oxymore chimérique, celui d'un diplôme professionnalisant dont la spécialité ne serait pas l'unique débouché, autrement dit des « masters plus spécialisés mais offrant par leur organisation même des réorientations en cours de cursus » (p. 3) !"

"La fin du service public

Le projet constitue donc une étape capitale dans la destruction du service public d'enseignement. On a dit qu'il favorisera les préparations privées. Le fait que le stage en responsabilité soit réservé aux seuls admissibles implique que leur nombre ne soit guère plus élevé que celui des admis. Il sera donc facile de remplacer les épreuves d'admission par la simple validation du rapport de stage et de remplacer le concours donnant droit à un poste de fonctionnaire d'État par une liste d'aptitude, comme le prévoit le rapport Silicani (avril 2008)."



"Non, mille fois non !

Une nouvelle fois, le projet de masterisation de la formation et du recrutement des enseignants apparaît pour ce qu'il est : une destruction de la fonction publique d'enseignement, une rupture des liens entre enseignement et recherche. Gravement néfaste, il ne peut qu'engendrer une détérioration de la formation des enseignants et du métier même d'enseignant. En l'état, il est donc impossible de l'amender à la marge ou de tenter de s'en sortir par des accommodements locaux. Il est inconcevable de vouloir sauver la formation des enseignants dans un tel cadre.

L'abandon de cette réforme dans son ensemble est la seule revendication rationnelle."