CONFERENCE NATIONALE SUR LES RYTHMES SCOLAIRES

La consultation a lieu du 14 septembre au 15 décembre.
Des débats se tiennent dans chaque académie, à l'intérieur des écoles, mais aussi à l'extérieur. Institutions, associations, élus, professionnels et citoyens sont invités à organiser des tables rondes.
Il est également possible de donner son point de vue via une plateforme de discussion.
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Voici un texte élaboré par un conseil d'école maternelle de Picardie composé de professeurs d'école, de représentants de parents et de représentants municipaux.

Pourquoi nous ne débattrons pas
A la question Est-il nécessaire de modifier les rythmes scolaires ? Nous répondrons OUI.
Depuis plusieurs années de nombreuses études abondent sur le sujet rédigées par d'éminents chronobiologistes qui ont montré que la journée scolaire française est la plus longue du monde, usante, stressante pour les écoliers, en total désaccord avec leur rythme interne, et encore plus démotivante et anxiogène pour les enfants en difficulté. Ces spécialistes et l'ensemble des acteurs du monde éducatif (parents, enseignants, assistants d'éducation, éducateur spécialisé, personnels de santé scolaire) ont plusieurs fois souligné qu'il fallait également repenser l'organisation de la semaine et de l'année scolaire, et de nombreuses propositions ont déjà été faites sans pour autant être entendues. Comment croire à l'authenticité du débat et à la réelle volonté d'améliorer le bien-être des enfants dans la société au vue de la politique gouvernementale actuelle ? Suppression de postes d'enseignants, quasi disparition des RASED, suppression de postes de médecins, infirmières, psychologues scolaires et de personnels d'encadrement comme les ATSEM en maternelle ou les assistants d'éducation dans le Secondaire, et plus en amont, le décret du 7 juin 2010 qui autorise dans les EAJE l'accueil en surnombre des jeunes enfants, qui de 10% passe désormais à 20%. Ce n'est pas seulement dans le domaine de l'éducation, de la culture et des loisirs, mais aussi dans celui de la santé et du social, que les suppressions de postes, la diminution des moyens alloués et les différentes réformes ont des conséquences désastreuses, comme l'ont prouvé en mai dernier les doléances de 80 associations travaillant dans le champ de l'enfance dans le cadre des Etats générEux de l'enfance.
Quand une porte d'entrée d'école maternelle est laissée sans surveillance, aux heures d'entrée et de sortie des enfants parce qu'un poste n'est pas renouvelé, quand des enfants de 3 à 6 ans ne peuvent plus se laver les dents le midi, après le repas, par manque de personnel d'encadrement suffisant, quand des élèves de CP se retrouvent à 27 par classe pour apprendre à lire et à écrire, quand des primo-arrivants ne bénéficient plus que de 20 mn d'aide par semaine pour apprendre la langue française, comment peut-on encore penser que la France respecte la Convention Internationale des Droits de l'Enfant signée par elle en 1989 en matière d'éducation, d'hygiène, de santé et de sécurité?
Voici les observations 81 et 83 du comité des droits de l'enfant à l'Etat français datées du 22 juin 2009 :
«  81. Le Comité recommande à l'Etat partie :
De poursuivre et d'accroître ses efforts pour réduire les effets de l'origine sociale des enfants et leurs résultats scolaires ;
De redoubler d'efforts pour faire baisser les taux de redoublement et d'abandon sans pénaliser les parents ;
De développer la formation et l'enseignement professionnels pour les enfants qui ont quitté l'école sans diplôme, en leur mettant d'acquérir des savoirs et des compétences afin d'accroître leurs possibilités d'emplois ;
De consentir des investissements supplémentaires considérables pour garantir le droit de tous les enfants à une éducation véritablement intégratrice qui permette aux enfants issus de tous les groupes défavorisés, marginalisés ou éloignés des écoles d'exercer pleinement ce droit ;
De ne pas recourir à la mesure disciplinaire que constitue l'exclusion permanente ou temporaire qu'en dernier ressort, de réduire le nombre d'exclusions et de faire appel, en milieu scolaire, à des travailleurs sociaux et à des psychologues scolaires pour aider les enfants en conflit avec l'école. 
83. Le Comité recommande à l'Etat partie de redoubler d'efforts pour garantir le droit de l'enfant au repos et aux loisirs et son droit de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge et de participer librement à la vie culturelle et artistique. »
C'est pourquoi nous refusons de participer à un débat faussé d'avance et dont les propositions précédemment faites par des professionnels de l'éducation n'ont jamais été entendues. Nous réclamons une véritable politique de l'enfance qui soit digne de la France, pays des droits de l'homme, où le bien-être et la réussite des enfants ne sont pas de vains mots, car les enfants sont l'Avenir de notre pays.